L'exploitation de l'ânesse laitière était à l'honneur chez les peuples anciens. Les Grecs considéraient le lait d'ânesse comme un excellent remède, les Romains en faisaient une boisson de luxe, Hippocrate le recommandait pour toutes sortes de maux: empoisonnements et envenimations, douleurs articulaires, cicatrisation des plaies, etc, ...
Au 19è siècle et même au début du 20è, le lait d'ânesse était un remède auquel recourait nombre de personnes. S'établirent, à l'époque surtout à Paris, des "vacheries asiniennes" où s'adressaient les élégantes pour le précieux breuvage. Lorsque cessa cette mode, les établissements se tournèrent vers la production de lait destiné aux enfants en bas âge que leur mère ne pouvait nourrir. C'est ainsi que l'Hôpital des Enfants Assistés a longtemps entretenu un troupeau d'ânesses. On faisait souvent téter les nourrissons directement au pis de l'ânesse. En pesant le bébé, on s'est aperçu qu'il tétait entre un litre et un litre et demi par jour. Le lait d'ânesse est le lait qui se rapproche le plus , par sa composition, du lait maternel.

Contrairement à d'autres animaux, il est impossible de demander du lait à une ânesse si on lui enlève son petit. On obtient en général entre un litre et un litre et demi de lait par jour et par ânesse. L'ânesse ne stocke pas son lait dans une poche, comme peuvent le faire la chèvre ou la vache, elle ne produit son lait qu'à la demande, dans la limite de 6 à 8 litres par jour.
Le lait d'ânesse, de par sa composition exceptionnelle (vitamines A, B, C et acides gras), est un tenseur idéal pour la peau et a le pouvoir de ralentir son vieillissement en la régénérant.
On se souvient de Cléopâtre, reine d'Egypte, qui prenait exclusivement des bains au lait d'ânesse et de Poppée, épouse de Néron, qui utilisait pour cet usage un troupeau de 300 ânesses. Aujourd'hui, le lait d'ânesse est utilisé en cures, en savons et en crèmes cosmétiques.